Je n’avais jamais rencontré ce monsieur, il vaut effectivement le détour. Il parle tout doucement en disant clairement que c’est pour être mieux entendu car, dit-il, cela oblige les présents à faire le plus profond silence.
Ses arguments tombent comme une hache sur le billot, dans le silence fracassant ainsi obtenu. j’ai noté mot pour mot ses paroles :

  • le regroupement est inéluctable…
  • ce serait folie de ne pas s’entendre pour un détail…
  • le regroupement est une aspiration naturelle et correspond à une exigence de sécurité…
  • ne soyez pas tenté par le diable qui favorise les égoïsmes…
  • la fusion est nécessaire pour éviter les tendances centrifuges…
  • il n’y a pas d’autres solutions…
  • on est limite sur plusieurs seuils

Les personnels ont fait des remarques, ont parlé de sous-évaluation de la population car les prospectives démographiques 2030 du projet sont déjà pratiquement atteintes. Ils s’inquiètent de la durée moyenne de séjour qui doit passer de 9,2 jours à 6,5 jours pour augmenter la «fluidité», demandent pourquoi des seuils aussi haut et ne comprennent pas ce qui n’allait pas pour qu’on casse tout, soulignent le manque de moyens nouveaux, souhaitent des précisions sur le fonctionnement commun d’un bloc chirurgical privé/public.
Peine perdue, de sa voix douce l’ARH argumente : «ce sera comme cela et pas autrement…»
Imparable, mais sur la chirurgie il sera intraitable : ou on regroupe Saint Anne (privé) et Pasteur (public)…ou on ferme car on est en dessous du seuil… !!
Magnanime, il acceptera que ce regroupement se fasse dans le cadre de l’hôpital public plutôt que dans la clinique mais il ne se souvient pas avoir dit publiquement, comme lui rappellent des anesthésistes, que « les moyens sont dans vos têtes !! »… il trouve cependant la formule intéressante.
L’argument central est toujours le même : on ne peut faire autrement…on est en dessous du seuil de rentabilité…le tout à la manière du président Roosevelt qui conseillait : « Speak softy and carry a big stick » (Parle doucement mais porte un gros gourdin).
Un bon antidote pour argumenter différemment et pour reprendre espoir : le site sauvons l’hôpital public.