Le CO.GE.PO.MI. (Comité de Gestion des Poissons Migrateurs) du Bassin de la Garonne est une instance majeure pour l'avenir (local) de la planète. Présidé par le Préfet de région, cette instance est un lieu de concertation, de débat, d'information, de proposition, de validation...concernant les poissons migrateurs. J'ai l'honneur d'en faire partie au milieu d'acteurs incontournables de l'environnement et de la pêche maritime et fluviale. La dernière réunion de cette instance nous a informés de la situation de l'alose avant de discuter des mesures à prendre pour 2010...et après. Bonne nouvelle, si en 2008 on avait évalué les remontées d'aloses à 6500 sur le bassin, ce sont près de 30 000 aloses qui ont fait le voyage en 2010. L'alose n'est donc plus condamnée à disparaître mais il n'en reste pas moins que nous sommes loin des 300 000 aloses qui remontaient la décennie précédente. Cependant ce poisson est très prolifique avec un cycle court de 5 années donc rien n'est joué. Certes, la situation reste critique et il faut attendre les résultats de 2011 en particulier (5 ans après la sècheresse de 2006) pour évaluer les chances réelles d'un renouvellement de l'espèce à partir du stock existant. On peut cependant considérer que l'espèce a la capacité de se régénérer. Une chance quand on pense aux ours des Pyrénées et ....aux viticulteurs de l'Entre Deux Mers chargés de nous fournir le vin blanc sec et le sarment accompagnant la grillade du poisson.
alose grillée
Mais....mais....aucune délibération officielle n'a pu être prise à cette réunion en l'absence des représentants des pêcheurs professionnels dont les associations ont "explosé" suite à des problèmes d'indemnisation insuffisante ou mal répartie. Ce qui ne semble pas prêt de se régler si l'on en croit le représentant du préfet qui a fait part des difficultés à trouver à l'avenir des financements pour permettre aux pêcheurs professionnels d'attendre des jours meilleurs. A quoi servirait-il de sauver l'alose si c'est pour faire crever les pêcheurs et détruire à tout jamais un patrimoine et des savoir-faire historiques font remarquer (très justement) certains d'entre eux. "Plutôt crever tous ensemble, remontons dans les bateaux et pêchons" osent même certains, désespérés. Voilà donc notre grande alose victime de la Révision Générale des Politiques Publiques et de la non-intervention de l'ETAT. Libéralisme oblige ! Pour en sortir, il doit bien y avoir une solution...Le programme Life européen dépense des millions pour prélever des aloses (déjà peu nombreuses) à Golfech afin de réintroduire des alevins dans le Rhin!!!...pourquoi pas un programme pour sauver les pêcheurs....! Décidément, ce libéralisme vert n'est pas le meilleur ami de l'environnement !