Le titre de ce billet peut choquer mais les va-t-en guerre m’ont toujours mis en grande colère qu’ils soient de gauche ou de droite. J’ajouterai que je suis personnellement très sensible à la question des armes chimiques, notamment américaines.

Alors voilà, l’actualité sur la Syrie me hérisse car le scénario que nous propose le gouvernement français et les médias est d’autant plus ahurissant que des médias libres nous l’annonçaient depuis longtemps.

On nous refait donc, comme si de rien n’était, le coup de Colin Powel brandissant une fiole de produits chimiques en 2003 , comme si les gens devaient rester cons à tout jamais, comme si les souffrances que connaissent aujourd’hui les peuples de l’Irak, de Lybie et d’Afghanistan n’avaient pas servi de leçon aux citoyens du monde.

Heureusement, la manipulation politique et médiatique est si grosse que « les gens » refusent de rentrer dans la nasse fluorescente des manipulateurs.

Alors, pour calmer mon ardeur et ma colère qui pourraient inquiéter mes lecteurs comme mon docteur, je vais m’en tenir à poser de manière somme toute pédagogiques quelques questions perverses :

  • après avoir interdit le survol de la France par l’avion du président bolivien à la demande de la CIA où va s’arrêter la dépendance pro-américaine de Hollande qui inquiète même (faussement) Mr Copé…
  • pourquoi refuser un vote au parlement sur un sujet aussi important comme cela se fait aux États-Unis et en Angleterre et alors que Hollande et Ayrault réclamaient haut et fort ce vote du Parlement lors de l’intervention française en Afghanistan ? La République est-elle toujours le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ?
  • quelle est la valeur éthique, juridique de la notion utilisée par Hollande de « punition » effectuée hors lois internationales et sans l’accord de l’ONU? Ce nouveau principe juridique de « punition » hors des lois existantes sera- t-il applicable dans l’avenir en politique intérieure pour les grévistes, les petits commerçants et artisans qui osent mettre en cause la grande distribution, les paysans qui vendent au juste prix, les communes qui n’appliquent pas les fusions programmées … ?
  • les gaz et produits toxiques sont-ils devenus plus dangereux dans le temps ou selon le pays ?

1) Selon les époques, puisqu’en 1983 Mr Fabius alors ministre n’a apporté aucune remarque à l’utilisation de gaz toxique fourni par la CIA à Saddam Hussein (il l’utilisa quatorze fois dont six constats de l’ONU) contre l’Iran puis en mars 88 contre les et les kurdes (Bush ensuite élu opposa son veto aux sanctions contre l’Irak).
2) Selon les pays, puisque puisque la France ne dément pas avoir utilisé cette année au Mali des munitions à uranium appauvri ?

  • Pourrait-on m’expliquer nos intérêts communs avec les Quataris qui arment la rébellion islamique en Syrie, finance le PSG en France et le Hamas à Gaza et dotent notre pays d’aides financières pour les quartiers sensibles ?
  • Avant dernière question : qui dans le monde et quelles usines françaises fournissent des armes chimiques ou fournissent les indispensables composants à leur réalisation ? La télévision publique ne pourrait-elle pas « mener l’enquête » sur ce sujet comme elle l’avait fait en 1989 ?
  • Dernière question et non des moindres : où va-t-on trouver l’argent pour une intervention militaire au coût démesuré comparé aux frais de rentrée scolaire du français moyen ou/au coût des économies à réaliser pour « sauver le régime de retraites ».

Je refuse pour ma part de choisir entre le dictateur Bachar et les milices islamiques d’opposition dans lesquelles s’enrôlent des jeunes intégristes du monde entier.

Je sais simplement qu’il est urgent d’ arrêter cette dérive folle de la pensée et de l’action politique violentes. Il faut battre la guerre.

Tous les croyants en l’homme ne peuvent que soutenir la vision et la parole du pape François : explorer de manière urgente « les voies du dialogue ». Pour tout dire je ne trouverai pas gênant qu’on emploie dans ce cas des « méthodes coercitives » pour imposer aux belligérants de négocier et de s’assoir à la table des négociations au lieu de leur fournir des armes et du gaz sarin.

Rien n’empêche naturellement de lire et de signer la pétition de l’humanité, un média au si beau nom qui ne marche pas dans la combine.

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