Michel Naudy vient de mettre fin à sa vie.
Une de ses dernières interventions a été l'entretien qu'il a accordé aux réalisateurs des nouveaux chiens de garde. Acrimed publie avec l'accord des réalisateurs la contribution de Michel. Je vous la propose en hommage à cet homme pour qui j'ai un immense respect.
J'ai fait mes classes en politique avec Michel puisqu'on animait ensemble la commission lycéenne bordelaise de la jeunesse communiste dans les années 70. Depuis on s'était perdu de vue mais on se rencontrait à la fête de l'Huma pour échanger quelques mots et faire avec une humilité teintée d'une légère fierté le constat qu'on était toujours capable d'indignation et de révolte. On se délivrait ainsi en quelques mots un "constat mutuel de non-récupération" chacun dans son domaine respectif : lui le journaliste et moi l'élu.
On avait repris contact il y a quelques mois par l'entremise de Francis Daspe et on s'était promis de se rencontrer pour prendre le temps de se raconter les quarante dernières années, pour partager nos doutes, nos colères, nos inquiétudes et refaire avec une complicité retrouvée ce même constat que "putain, on n'a pas changé ! on tient le coup pour l'instant, mais c'est quand même éprouvant de résister au quotidien..."