A partir de la fin du mois d’août, quand débutent les premières migrations, mes sens sont en éveil.
C’est d’abord le cri du gobe-mouche gris qui réveille mon instinct en résonnant dans ma mémoire comme un formidable appel de la nature. Les anciens l’appelaient le « dalet ».
C’est le premier à arriver, juste après le départ des martinets. Son cri résonne comme le signal de départ des grands passages.
Pour le capturer, la technique était simple mais redoutablement efficace. Il suffisait de poser un piège rond sur une motte de terre retournée au dessus d’un piquet à proximité d’une haie. Un asticot ou une fourmi volante faisant office d’appât.
J’avoue, Monsieur le juge, en avoir occis plus que ma part avant même d’avoir fait ma première communion. Ma grand-mère les plumait et préparait ces « brochettes de petits oiseaux », disait-elle, entrecoupées de ventrèche. Mon grand-père s’occupait de la cuisson au sarment en surveillant le chat du coin de l’œil. Chez les gascons, la connaissance de la nature se fait par tous les cinq sens, le goût n’étant jamais oublié.

Venaient ensuite le rouge queue (le cul rouge)

puis les espèces de tarier (le creck) qui faisaient également honneur à notre table avec en prime quelques cul-blanc.

Les choses devenaient sérieuses avec l’arrivée des pipits, rapidement confirmée par l’apparition des chardonnerets, pinsons et verdiers. Ces derniers ne se laissaient pas prendre au piège mais indiquaient clairement qu’il était temps de sortir l’artillerie lourde pour monter la chasse à l’alouette.

Je vous raconterai dans un prochain billet car sachez que je chasse encore l’alouette au filet réalisant chaque année un rêve d’enfant grandeur nature… la tête dans les nuages.

En attendant, vous pouvez avoir une leçon "grandeur nature" ce week end avec la balade naturaliste en bords de Garonne organisée par le club nature de la Communauté des Communes des Coteaux Macariens.
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