LE SCOT, UNE PETITE REVISION POUR COMMENCER


Nous avions vendredi soir réunion du SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale). Les délégués de notre communauté de communes sont Mr Mesnard (Maire de Verdelais), Mr Patanchon( Maire de Saint Macaire) et Michel Hilaire (Conseiller Général).
Je vous joins pour vous rafraîchir la mémoire un petit document sur le « périmètre » du SCOT ainsi que le calendrier de l’étude qui va être entreprise.
Je vous renvoie également à deux billets précédents :

Ça y est, les révisions sont terminées ?

LE COMPLEXE DU MULTIPLEXE


Maintenant, venons-en au compte rendu du moment important de notre dernière réunion où le Conseil Syndical a du donner un avis sur le projet d’un multiplexe de cinéma à Langon. Après un timide démarrage la discussion s’est emballée.
Chacun a convenu que ces cinémas de proximité sont indispensables à l’animation des centre-bourgs et portent en eux une autre conception de la culture et des loisirs associés à la vie du territoire alors que les cinémas multiplexes sont surtout une activité marchande associée à la recherche de profits et qu'ils sont imbriqués dans d’autres « produits de consommation» comme le bowling (versions modernes du jeu de quilles gascon, de la pétanque ) et laser-gamme version commando de la chasse à la bécasse.

Plusieurs délégués ont très justement insisté le fait que cette conception du méga-cinéma était de très mauvaise augure pour l’avenir et la conception d’ensemble du SCOT qui se dessine. Ainsi dès sa naissance, il est demandé aux délégués du SCOT de valider un renforcement d’une grande métropole au détriment des bourgs de village, au détriment de la diversification des pôles et d’un véritablement aménagement du territoire.

METROPOLE…URBANISME…RICHESSE…PAUVRETE…CREATION…

UN VRAI DEBAT…
C’est bien là d’ailleurs que se situe l’enjeu essentiel. Je suis déjà intervenu dans ces réunions pour mettre en garde contre une conception de la centralité qui créé le désert autour d’elle au lieu d’agir par capillarité. L’Etat nous « sert » aujourd’hui (comme hier) une théorie des grandes métropoles censées enrichir le monde qui les entoure mais qui en réalité aspirent la richesse et ne créent autour d’elles que pauvreté économique et culturelle.
Le débat est lancé et il doit continuer dans tous les domaines de la vie. Cette question du cinéma nous renvoie à bien d’autres questions :

  • au rôle de l’argent en particulier dans l’activité culturelle
  • à une conception émancipatrice des loisirs
  • à l’abandon programmé des centre-villes au profit de la périphérie marchande
  • à la volonté d’une importante partie des politiques locaux d’aller vers des fusions de collectivités sans retenue…

On peut également se poser la question de la baisse du budget culture (réduction des déficits oblige !) tant au niveau national que départemental qui laisse le champs entièrement libre aux marchands . Notre groupe front de gauche s’est d’ailleurs abstenu sur la culture lors du vote du budget du Conseil Général.
La pétition lancée par le réseau des cinémas mérite tout notre soutien (je suis modestement le 1386ème soutien) et l’action menée à ce jour autour d’elle a certainement contribué à faire bouger les lignes chez les élus.


NON A LANGON, OUI A PARIS !


Cependant, ne nous y trompons pas, la position adoptée par la CDAC (Commission Départementale d’Aménagement Commercial) sera importante mais elle ne sera pas suffisante à arrêter le projet puisqu’il y a fort à parier (le président Plagnol l’a indiqué jeudi soir) qu’en cas de vote négatif au niveau départemental, un recours sera fait auprès de la commission nationale d’aménagement commercial, qui, elle, est bien loin pour sa part des préoccupations de terrain et des manifestations de la population et des personnes concernées. Elle donnera alors son accord. Certains élus de la CUB connaissent bien la technique, on est contre sur le terrain en sachant que finalement ça passera en haut. L’apparence et la bonne conscience sont sauves. L’illusion est parfaite.

UN AUTRE AVENIR


Mais ce vote « CONTRE » est une étape, un bon point pour le changement ; mais il est loin d’être suffisant pour conserver nos cinémas de proximité s’il n’est pas suivi de soutien massif par les élus et les citoyens, s’il n’est pas suivi d’autres pétitions, d’autres actions d’autres débats sur la nature d’un futur développement régional fait pour l’homme et pas seulement pour le fric suivi aussi d’autres décisions législatives et financières.
D’ailleurs, l’essentiel ne serait-il pas d’être « POUR » un soutien massif, populaire et institutionnel aux lieux de créations et de proximité et pas seulement ceux des « métropoles »?
Comme qui dirait une autre politique…maintenant !