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Vent de panique lors de la dernière réunion de la Communauté de Communes qui devait débattre des orientations budgétaires. Dès le début de la réunion, le décor était planté. Pour résumer : « Nous n’avons plus un rond, il faut serrer les boulons et même tailler dans le vif ! ».

Pourtant le vote du Compte Administratif quelques semaines auparavant n’avait pas attiré une seule remarque de l’assemblée. En effet, il dégageait un excédent en fonctionnement de plus de 105.000 € sur l’année 2012 auquel s’ajoutait un excédent 2011 de plus de 300.000 €. En investissement l’excédent était de plus de 112 000 euros. Ceci , même si une dégradation des comptes s’est fait jour en 2012 , notamment en fin d’année puisque les « comptes intermédiaires » de juillet faisaient apparaître un excédent important.

Cependant entre temps, une étude confiée aux services du Conseil Général attirait l’attention des élus sur cette baisse des marges de manœuvre due, pour l’essentiel semble-t-il à des éléments conjoncturels : hausse des dépenses des ordures ménagères mais aussi hausse d’autres dépenses imputables à l’exercice précédent.

Je crois, pour ma part, qu’il faut donc avant tout y voir plus clair avant de sortir le couteau à désosser… ceci d’autant plus que certains chiffres semblent se contredire et qu’une part des difficultés semble due à des dépenses exceptionnelles.

Dans ces conditions j‘ai proposé de se pencher dans le détail sur les comptes et de faire un état des lieux précis en appréciant, poste par poste, l’évolution 2011/2012/propositions 2013… en effet, plus que le constat, ce qui est intéressant c’est d’analyser les raisons des évolutions et de peser dans le bon sens sur le cours des choses…

A-t-on, par exemple, apprécié réellement les recettes nouvelles dues à l’apport de nouvelles populations tant en dotations de l’État qu’en impôts nouveaux ?

N’y-a-t-il pas des moyens d’augmenter les recettes et de faire des économies ? … Par exemple en gérant en commun la voirie d’intérêt communautaire. Ce qui permettrait sans aucun doute d’économiser sur les travaux, sur les taux des emprunts... et de bénéficier d’un fort bonus d’aides par le biais du coefficient d’intégration fiscale.

La création d’une zone d’activités à Saint Martin de Sescas ne doit-elle pas être plus et mieux soutenue (malgré certaines forces contraires) à la fois pour amener des ressources nouvelles et créer des emplois ? C’est la remarque pertinente d’un délégué.

La gestion du faucardage, comme l’a fait remarquer une autre déléguée, ne peut-elle pas être plus économe et plus… écologique ?

Voilà par exemple quelques pistes constructives au lieu d’ opposer les Communes entre elles et les commissions entre elles ? au lieu de jouer la culture contre le social comme cela a été avancé?… au lieu de relancer la « guerre » des petites communes contre les plus grosses ?… au lieu d’opposer toujours et encore les salaires des » employés qui coûtent trop cher » contre les citoyens qui paient trop d’impôts ?

Notre Communauté n’a-t-elle pas plutôt besoin de solidarité et de projets communs, d’une vision globale et solidaire ?

Ce sont toutes les questions à se poser avant de décider l’abandon (comme cela a été proposé) des projets que les citoyens attendent et que les élus ont mis des années à élaborer. Au lieu de décréter « l’impossibilité de réaliser » , essayons de trouver toutes les solutions pour les mettre en œuvre (sans bien sûr se mettre en danger financièrement) sinon nous allons vers une démobilisation générale… et… le début de la fin pour notre Communauté.

Ceci d’autant plus que pour les gros projets concernés, à savoir la mise en réseau des bibliothèques ou le transport à la demande (notons qu’il n’a pas été question à cette réunion de la mise en sécurité de la sortie du collège), le Département est prêt à prendre en compte une importante partie des charges (je suis, bien sûr, intervenu en ce sens auprès de notre institution).

Naturellement, faute de mise en oeuvre de ces projets dans notre Communauté des Communes des Côteaux Macariens… ces aides iront tranquillement vers les Communautés les plus dynamiques. À bon entendeur salut… car si notre Communauté annule des projets ou renvoie les réalisations aux calendes grecques… l’aide risque de s’envoler… et on paiera « plein pot » plus tard. Attendre peut coûter parfois encore plus cher, en particulier pour les Communes.

Ajoutons que dans ce monde en pleine évolution et en pleine crise, mieux vaut placer son argent dans des projets qui font tourner la machine économique plutôt que de mettre des noisettes de côté sur le dos des contribuables.

Pourquoi alors faudrait-il « tailler dans le vif » et « éliminer » ? Pourquoi ne pas faire plutôt comme dans d’autres collectivités un PPI (Programme Prévisionnel d’Investissement) qui hiérarchise les nécessaires investissements en s’attachant à « faire vivre les solutions plutôt que de prédire leur effondrement avant de les essayer » … comme le dit fort justement, ce matin dans sud-ouest, Martine Alcorta, une élue EELV à la Région Aquitaine.