Nous avions vendredi notre congrès cantonal du PCF ; beaucoup de choses intéressantes ont été dites et le débat a parfois été âpre. Tant mieux !

J’ai pour ma part insisté sur un thème : comment rassembler tous les électeurs/citoyens qui souhaitent le changement maintenant et qui pensent que l’austérité n’est pas la solution ?
En effet, de plus en plus nombreux sont les électeurs de gauche qui me font part de leur déception.
Ce trouble frappe en particulier un grand nombre de militants et de responsables associatifs souvent sensibles aux idées du PS. Ne nous y trompons pas, ces citoyens s’inquiètent de l'attitude actuelle du gouvernement qui refuse de rompre avec les logiques de la finance mais se sentent toujours profondément « socialistes ». Ils souhaitent que la gauche réussisse mais pensent que le chemin pris n’est pas le bon. Comme moi ! Comme nous !

Alors, je suis prêt à œuvrer avec eux sans leur demander de renier leur sensibilité socialiste, sans remuer le couteau dans la plaie de manière maladroite et culpabilisante. Comme si l'autre gauche dont nous nous réclamons ne s'était jamais trompée ! Un peu d'humilité...
Autant dire que je ne partage pas les réponses brutales trop souvent faites par des militants du Front de Gauche à ces électeurs qui ont cru utile dès le premier tour de voter François Hollande que ce soit par conviction ou par anti-sarkozysme.

Cela fait-il avancer les choses de tacler une infirmière rappelée au boulot sur ses jours de congés et qui se plaint de la dégradation de ses conditions de travail en la renvoyant à son vote des présidentielles ?

Je ne supporte pas plus le sourire méprisant et suffisant des gens condescendants à droite comme à gauche qui « savent tout » et qui prévoient avec délectation l’échec du gouvernement et un retour de la droite associée à son aile extrême !



Tout ce qui cristallise les "différences et le différent" à gauche renvoie inévitablement le changement aux calendes grecques, accélère l’exploitation quotidienne et renforce le pouvoir des financiers.

Je préfère pour ma part, faire preuve d'ouverture et de main tendue ; je partage totalement les propos du jeune dirigeant communiste Patrice Bessac qui déclare "il faut de la tendresse, de l'intelligence et de la persévérance". J'ajouterai : "il faut une bonne dose d'humour !"

C'est avec tous les "repris de justesse" que nous construirons une alternative car rien n'est écrit définitivement, pas plus la fatalité de l'austérité que la victoire définitive du libéralisme, à condition de se rassembler et de ne pas croire que nous avons toujours raison avant les autres.

Il est urgent de créer de l'espoir. Pour cela il faut abandonner la tentation de la rancœur au profit du respect mutuel , de la réflexion et de l'action.

Ah ! J'allais oublier l'humour. Je sais camarades, c’est parfois agaçant d’être toujours du côté des gentils. Alors si vous sentez que vous allez craquer, autorisez vous une petite dose d’humour, mais seulement quand vous êtes à peu près sûr de ne pas blesser.

Pour ma part, par exemple, j’envoie à mes amis de « gôôôche » l'affiche "front de gauche" des présidentielles :

fallait_voter_JLM.jpg

et celles des législatives légèrement modifiée pour la circonstance :

fallait_voter_MH_HF.jpg

On peut bien quand même déconner un peu non ? ça n'empêche pas le débat et le travail commun.