La région et son vice-président Philippe Buisson nous invitaient hier soir à une réunion élus/SNCF/RFF/usagers de l’axe ferroviaire Bordeaux-Langon-Agen.
Triste constat de carence généralisée sur la ligne : retards, annulations, manque d’information et quant aux solutions, aucune perspective concrète.
La SNCF a plaidé coupable : plus de 20% des trains n’arrivent pas à l’heure mais l’entreprise se réjouit d’une légère amélioration d’après « un indice de satisfaction calculé selon un baromètre spécifique » !
Passons le moment cocasse où la SNCF a essayé de mettre, schéma à l’appui, la responsabilité des dysfonctionnements sur le compte des grèves ; la responsable des usagers a souligné : « Les jours de grève, nous sommes avertis et nous prenons nos dispositions ; alors ces jours là sont les rares de l’année où il n’y a pas de problèmes ».
J’ai pour ma part simplement déclaré :

  • que la situation des usagers, véritables otages du rail, était socialement, humainement, économiquement insupportable et inadmissible. 20% de retard (sans compter les annulations), cela veut dire que chaque usager arrive un jour sur cinq en retard à son travail ou à son lieu d’étude…un cadre de la SNCF serait licencié pour moins que ça (je l’ai dit au "Monsieur de la SNCF" qui a acquiescé de la tête). Ajoutons que cela participe à la casse de la notion de service public et que c’est une ineptie du point de vue environnemental.
  • qu’au lieu d’envisager un parking de 800 places (payé par les collectivités locales) qui va coûter la « peau des fesses » à Langon, au lieu de concentrer et de « métropoliser » (c’est à la mode), on pourrait raisonner en terme de coopération avec la rive droite et ouvrir un ou plusieurs point d’arrêt conséquent sur l’autre rive du canton de Saint Macaire dont les gares étaient déjà équipées de parking. Des dizaines de foyer du canton de Saint Macaire doivent acheter un second véhicule qui dort toute la journée près de la gare de Langon…tu parles d’une économie.
  • enfin, puisque tout le monde s’accorde à considérer qu’il est urgent d’augmenter la capacité de cette ligne par des travaux d’infrastructures permettant d’augmenter le nombre de sillons, qu’attend on pour faire les travaux prévus par le contrat de plan et le plan rail à Beautiran…. ?
    Mais, voilà… RFF absent a fait savoir que la voie d’évitement de Beautiran était une fausse bonne idée et qu’on s’orientait vers d’autres solutions du type IPCS !!!! (Installation Permanente de Contre Sens)

J’ai même entendu que ces travaux prévus dans le contrat de plan 2007/2013 et dans le plan rail, pour la somme de 14 millions (6 pour la Région, 6 pour l’Etat, 2 pour RFF) seraient faits « à moyenne échéance »…ce qui me fait penser à un sketch de Fernand Reynaud qui, en imitant un officier d’artillerie, indiquait qu’un canon mettait « un certain temps » à refroidir.
Mr Buisson ayant proposé au nom du président Rousset que, sur cette ligne, les TER soient prioritaires sur les TGV…je lui ai à mon tour proposé qu’il en soit de même financièrement et que la priorité des investissements publics des collectivités soit réalisée dans ces transports de proximité que sont les TER et non dans la Ligne à Grrrrrrrrrande Vitesse du GPSO (Grrrrrrand Projet Sud- Ouest) .