Les questions budgétaires dont nous avons débattus pendant deux jours au Conseil Général peuvent sembler complexes mais elles ont de si grandes conséquences pour votre vie quotidienne, que je vais essayer de vous résumer les enjeux ; pas facile ! Comme les ressources du Conseil Général sont incertaines pour 2011, le président nous demandait de voter un moratoire (c'est-à-dire une suspension des décisions de subventions pour les équipements). Une mesure « préventive » en attendant de savoir exactement les ressources et les compétences que la future réforme gouvernementale va nous accorder. En effet, il serait dangereux de voter en 2010 des engagements que nous ne pourrions pas acquitter en 2011…vous suivez ?
Mais ce moratoire, qui ne concerne que les investissements, est inquiétant pour des collectivités qui attendent ces aides comme d’autres attendaient le messie. La droite qui ne manque pas d’air mais surtout qui porte la responsabilité de ces décisions de réduction des politiques publiques spéculait honteusement sur des difficultés ainsi créées en criant à tue-tête « Madrelle et sa majorité vous mettent sur la paille ! » On ferme le robinet et on crie au loup car l’eau ne coule plus, ce genre de magouilles, vous comprenez…non ? Donc le moratoire est justifié certes…mais cependant difficilement supportable…ceci d’autant plus qu’avec ce moratoire les « riches restent riches »et les « pauvres restent pauvres » alors que nous visons à réduire les inégalités et que le rôle de «Robin des Bois » du Conseil Général est jusqu’à ce jour reconnu de tous. Toujours d’accord ?

Pour sortir de cette situation notre groupe communiste a fait deux propositions :

  1. de ne pas inscrire au budget en dépenses les 138 millions que l’Etat veut nous soutirer en nous obligeant à financer la LGV et de consacrer cette somme aux besoins les plus criants : collèges, MDSI , aide aux communes…
  2. d’engager un recours contre l’Etat qui n’honore pas ses dettes.

Ces propositions visent également à redonner ses lettres de noblesse aux « politiques » qui vont jusqu’au bout des choses et « font ce qu’ils disent ».

Nous avons été entendus sur la deuxième proposition, pas sur le moratoire car droite et PS veulent à tout prix cette LGV même si elle avale nos ressources (et vos impôts) à grande vitesse ; dommage ! Mais, fait étonnant, la droite qui avait condamné sans cesse le moratoire en demandant plus de crédit pour les communes et le peuple de Gironde a finalement voté la réduction des autorisations de programme !!! Là, je suis sûr que vous avez compris…non ?