ViewtyCe matin, en promenant Léon à l’aube sur les bords de la Garonne, j’ai senti le printemps arriver. J’ai aussitôt cherché dans le ciel la première hirondelle et j’ai imaginé le cri de la première huppe, puis du premier coucou. Ainsi, j’ai retrouvé d’instinct l’odeur de baragane sur une épaule d’agneau pascal.
Hélas, trois fois hélas, triste retour à la réalité : dans les rayons du soleil qui se levaient sur les champs de maïs fraîchement labourés, je n’ai réellement vu qu’un corbeau se poser.
Et là, tout a commencé à défiler …
Les mots d’une chanson de Servat d’abord « …les corbeaux et les sansonnets passent par bande dans le ciel et s’abattent drus comme grêle sur les labours de ce pays…mon beau pays par l’hiver soumis quand reverrons nous l’hirondelle blanche au ventre et noire aux ailes… ».
Et puis bien sûr, la « montagne » de Ferrat « comment peut-on s’imaginer en voyant un vol d’hirondelles…. » un mélange étrange de souvenirs prémonitoires et la sensation d’une présence familière, avec à la clef une folle envie de printemps.
Léon et moi, nous sommes revenus à la maison, la queue entre les jambes pour nous sécher les pattes. A la TSF, un intello parigo rendait un énième hommage à Ferrat.
Par dépit, j’ai saisi presque au hasard un journal dans le porte-revue, c’était la « La Terre » « l’hedomadaire du monde rural », avec en haut (à gauche) encore et toujours quelques mots de Ferrat qui répondait du tac au tac : « Moi, je ris doucement comme on rit aux enterrements, en me disant qu’au fond mourir, c’est ne plus s’arrêter de rire ».
Là, tout est dit… pour aujourd’hui !