Dans le courrier ouvert ces derniers jours, une lettre de Bernard Lubat qui m’invite à son spectacle l’Amusicien d’Uz , one jazzman show au théâtre du Pont Tournant.
Cet enfant d’Uzeste menacé d’expulsion et privé successivement de subventions et de logement, me renvoie toute proportion gardée au destin des palestiniens, punis, humiliés, privés successivement d’aide financière et de toit.
La logique est la même : « Plus de sous et casse-toi ! ». La réponse est aussi la même « je reste et je me bats ». Pour moi, le plus douloureux de l’affaire reste l’ insupportable humiliation. Mais au-delà de l’humiliation, il y a la haine révélée par de telles décisions, la volonté d’exclure, de « déraciner », et puis finalement la peur de l’autre… de Jérusalem-est à Uz-est.

Cette peur de l’autre qui fait frémir pénètre insidieusement le monde et laisse présager, si on ne réagit pas, le pire à venir. « Le pire serait de s’habituer au pire » disait à Uzeste, Jack Ralite.

Mon fils qui n’a jamais connu de ministres communistes et refuse de mettre les pieds dans les festivals de musique, Uzeste compris, a réglé définitivement cette question par une autre référence qui me laisse somme toute perplexe. Il s’agit des paroles de maître Yoda lançant à Anakim Skywalker : « la peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère à la haine, la haine mène à la souffrance » ; Il faut que je creuse tout ça…
Bon, revenons au one jazz man show de Bernard Lubat du 3 au 13 novembre.

J’ai déjà pour ma part vu et entendu ce one man show/spectacle un soir torride du mois d’août à l’Estaminet pendant le festival. Impressionnant et émouvant avec « un siècle d’avance » selon le mot de Francis Marmande ; le regard sur le monde est unique et original « ça ricoche par la gauche ! »
Étonnante et détonante prise de risque qui donne envie de ne pas céder à l’air du temps et de devenir un « repris de justesse »
Respect, Lubat !