intronisation.JPGÇa y est, comme je vous l'avais annoncé, j'ai été intronisé par la confrérie de la lamproie de Sainte Terre.
J'ai donc obtenu ce magnifique diplôme sur lequel il est écrit :
Par la grâce des choses qui durent du temps d'avant la venue des hommes sur la terre nous a été présenté en notre capitulum ordinarium Monsieur Michel Hilaire comme étant de bonne Foi Ardent Zélateur de la Juste Cause de la Lamproie Sainte Terre. Après délibération, nous authentifions sous notre Grand Sceau son appartenance à la susdite Confrérie. En ce qui est de notre pouvoir, nous lui octroyons à jamais ce droit inaliénable de l'honneur d'être des nôtres. A charge pour Michel Hilaire de défendre ce droit par franche loyauté des obligations afférentes à cet engagement :
Le goût des choses bonnes et belles, selon la tradition de la lamproie à la Bordelaise. 1er août 2010. Jacqueline Rabic, Maximus Magister.(les majuscules sont ainsi distribuées dans le texte).
Sacrée soirée donc sur les bords de la Dordogne où 1000 personnes ripaillaient sur une immense esplanade de sable en attendant un magnifique feu d'artifice musical tiré sur le fleuve. Le repas de la confrérie était dans la juste mesure des choses : foie gras, magret, lamproie (4 morceaux), rôti (frites), fromage, dessert...et vin à volonté. Bien sûr, ceux qui ne voulaient pas de lamproie avaient une énorme assiette garnie d'escargots.
Alors que la crise frappe à notre porte, est-il bien raisonnable de s'adonner à de tels excès, m'a-t-il été opposé avec un léger froncement de sourcil. J'entends l'objection, mes amis, mais ces fêtes de famille où chacun vient communier en partageant les fruits de notre histoire et de notre région ont toute ma considération et mon respect. Elles restent gratuites et adaptées à toutes les bourses car on peut, par exemple, s'y restaurer "à la carte". Mais, surtout, elles chuchotent au creux de notre oreille le secret de notre propre origine, nous rappellent le lien étroit de notre région avec ses fleuves, ses terres, ses hommes et ses savoir-faire. Elles sont des lieux de rencontre, de liberté et de (re)constitution de lien social. L'ossature reste le bénévolat, les associations locales, les pêcheurs, les élus locaux, les artisans-transformateurs. On est loin des exigences de la rentabilité et de la spéculation, loin de l'abêtissement collectif de la fête standardisée par les multi-nationales des loisirs. Ajoutons que la prise de risque "en plein air sur les bords du fleuve" est énorme, mais, ici, chacun l'assume comme une donnée incontournable. Toute la soirée, la pluie a menacé de réduire à néant les incroyables efforts de cette fourmilière. Qu'importe, chacun s'est affairé consciencieusement à son poste car chacun sait pourquoi il est là. Alors, l'averse, poliment, attendra la fin du feu d'artifice pour reprendre possession des lieux.