CARNAVAL_CHS_CADILLAC.jpgJ'ai délibérément affiché dans ma salle de séjour cette magnifique photo des "Sous-Fifres de Saint Pierre" lors du carnaval d'une unité psychiatrique de l'hôpital de Cadillac.
Joueur de fifre, j'ai pendant cinq années animé cette fête formidable. C'est un des points de repère incontournable de ma mémoire. La première frayeur passée, cet univers étrange devenait vite familier et sympathique, pour tout dire profondément humain, comme une parcelle du plus profond de moi-même.
J'ai depuis ce jour toujours considéré qu'il fallait donner une grande hospitalité à la folie qui entretient de si bonnes relations avec l'art et avec les joueurs de fifre en particulier.
Evidemment cette posture ne coule pas de source dans une période où la peur de l'autre tient lieu de ciment social ; le fou est souvent désigné comme "étranger", ce qui lui a valu de faire partie des charrettes des camps de la mort avec d' autres "étrangers" : les juifs, les homosexuels, les roms, les communistes, les handicapés...
J'ai donc la vague crainte que la bête revenue ne les désigne encore une fois comme boucs émissaires ; Je vous soumets avec beaucoup d'émotion un magnifique texte de Michaël et Jacqueline Guyader envoyé par plusieurs "amis de Cadillac" et concernant le projet de loi réformant les soins en psychiatrie. Prenez le temps, posément, pour parcourir ce document.
Quelle lucidité, quelle humanité, quelle hospitalité !